RAKU (Plaisir du loisir, joie, bonheur dans le hasard)
Ce mot japonais apparait en France vers 1880, il est traduit phonétiquement par RAKOU.
Il désigne une céramique qui est née au XVIè siècle et dont le développement est lié à un univers esthétique que l'on nomme WABI. Sous l'influence de la pensée boudhique japonisée, le WABI conduit à l'émergence de la cérémonie du Thé. Le bol et les autres objets en terre nécessaires deviennent un sujet de vénération et de communication.
C'est Sen Rikyû, un intellectuel esthète à la poursuite d'un idéal contemplatif (WABI) qui imagine de remplacer par une céramique locale les traditionnels bols en celadon temmoku.
Son travail le dirige vers la simplicité de la terre cuite? C'est de cette époque que date sa collaboration avec Chöjiro (un maître du feu) premier de la lignée de céramistes RAKU. C'est lui qui donne sa forme au bol traditionnel (chawan).
La cuisson historique japonaise se faisait dasn de petits fours de type moufle, chauffés au bois. Le principe de fonctionnement repose sur la séparation de la flamme et de la pièce par le moufle, le feu agissant ainsi par rayonnement. On sortait ensuite le bol brulant et dès qu'il était refroidi on l'utilisait pour la cérémonie du thé.
Le thé pénétrait alors dans les fissures qui s'étaient produites et ainsi contribuait à leur coloration.
Ce sont les américains (Paul Soldner, Peter Voulkos...) qui ont transformé à partir des années 60 cette technique, pour en faire un mode d'expression artistique. Ils s'engagent dans une révolution par laquelle l'artiste affirme sa domination sur la transformation de la matière par le feu : la cuisson n'est plus affaire de courbes, elle devient une projection de la peinture ou de la scultpture ou de toute autres formes de constructions artistiques.
En France c'est Camille VIROT qui dès 1972 dégage la céramique des contraintes techniques du matériau et ouvre l'esprit sur la noblesse de la matière, fut-elle la plus humble des marnes.
Soucieux de transmettre un véritable itinéraire du feu, il ouvre l'ère des stages, véritable école d'humilité, le RAKU propose la découverte des relations entre le monde minéral et l'homme. Il aborde l'esprit RAKU comme une réflexion sur la Terre.